Cette audition, organisée dans le cadre du processus électoral, constitue une étape importante dans la désignation du prochain dirigeant de l’OIF pour le mandat 2027-2030. En lice, quatre candidats.
Louise Mushikiwabo (Rwanda), pour sa propre succession, Juliana Amato Lumumba (République démocratique du Congo), Coumba Bâ (Mauritanie) et Dacian Cioloș, ancien Premier ministre de la Roumanie et unique candidat européen.
Au cours de son audition, l’Agroéconomiste a défendu une vision fondée sur le dialogue, la coopération et le renforcement de la présence de la Francophonie sur le continent africain, qu'il considère comme le cœur de l'avenir démographique de la langue française.
Rassembler pour construire…
Se présentant comme un médiateur et un facilitateur entre les États membres, il a annoncé son intention de travailler étroitement avec une administratrice africaine s'il est élu.
« Si je suis élu Secrétaire général, il est clair pour moi que je travaillerai en binôme avec une Africaine en tant qu'administratrice de l'OIF. C'est ce que je proposerai aux États membres, car il me semble normal qu'il y ait cet équilibre », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, l’ancien ministre roumain de l'Agriculture et du Développement rural (2007-2008) souhaite faire de la coopération économique, un pilier majeur de la Francophonie, au même titre que la langue française, la culture et l'éducation.
« Je sais que beaucoup de choses sont déjà faites en matière de coopération économique au sein de la Francophonie. Mais nous devons franchir une nouvelle étape et faire de cette coopération une priorité structurée pour l'avenir », a-t-il affirmé devant les représentants des États membres.
Pour Dacian Cioloș, récemment député européen (2019 - 2024), l'avenir de la Francophonie repose également sur la jeunesse. Ainsi, il ambitionne de bâtir une Francophonie davantage tournée vers les opportunités offertes aux jeunes et aux femmes, tout en favorisant les échanges interculturels.
« Il est important qu'au sein de la Francophonie, nous renforcions les échanges entre des jeunes issus de cultures et de traditions différentes », a-t-il souligné.
Au bout d’une cinquantaine de minutes d’audition, il a plaidé en faveur d'un ‘’multilatéralisme éclairé’’, capable de répondre aux défis contemporains tout en améliorant la gouvernance interne de l'organisation.
« Nous avons l'occasion de redéfinir le rôle de la Francophonie en fonction des attentes des États, de nos peuples et de nos communautés, en construisant un multilatéralisme éclairé, adapté aux défis auxquels il est aujourd'hui confronté », a-t-il conclu.
En clair, face au monde en perpétuel et rapide changement, aux équilibres internationaux qui se transforment, aux crises qui se multiplient, aux sociétés qui recherchent de nouveaux repères et aux jeunes qui attendent davantage d’opportunités, de perspectives et de résultats concrets, l'ancien Premier ministre roumain s’offre en alternative crédible. Pour une Francophonie d’opportunités et de défis. Avec un programme qui promeut un espace de coopération multilatérale.
Un programme, 5 axes prioritaires
Le candidat Dacian Cioloș a structuré son programme sur 5 axes prioritaires :Instaurer un nouveau style de gouvernance, en incarnant un Secrétariat général de la modération et du consensus, au service de la Francophonie dans son ensemble. Mobiliser davantage de ressources pour donner à la Francophonie, les moyens d’agir. Faire du français, une langue d’opportunités. Renforcer les droits humains et l’autonomisation des femmes. Puis assoir une Francophonie de paix, de stabilité et d’influence. En somme, son ambition, à travers sa candidature, est de construire des ponts, trouver des équilibres et produire des résultats. Ce, pour une Francophonie qui rapproche, agit et produit des résultats.
Forte de 90 États et gouvernements, dont 53 membres de plein droit disposant du droit de vote, l’Organisation internationale de la Francophonie poursuit ainsi un processus de sélection marqué par une volonté de renforcer la transparence de sa gouvernance.
Sa biographie
Né le 27 juillet 1969 à Zalău, Dacian-Iulian Cioloș est un agroéconomiste et homme d'État roumain. Sorti Ingénieur horticulteur à la Faculté d'horticulture de l'Université des sciences agricoles et de médecine vétérinaire de Cluj, en 1994, il a poursuivi ses études universitaires à l'École nationale supérieure agronomique de Rennes, en France, en tant que boursier du gouvernement français entre 1995 et 1996. Il obtint, en 2005, son doctorat en Economie du développement agricole de 2000 à 2005, à l'École nationale supérieure agronomique de Montpellier, en France.
De retour en Roumanie, il commence une carrière politique. Nommé ministre de l'Agriculture et du Développement rural de 2007 à 2008, il rejoindra la Commission européenne comme Commissaire à l'Agriculture et au Développement rural de 2010 à 2014. Puis Premier ministre de la Roumanie de 2015 à 2017, et député européen de 2019 à 2024. A ce titre, il a présidé le groupe libéral du Parlement européen, Renew Europe, entre 2019 et 2021.
De tradition orthodoxe, le candidat au Secrétariat général de la Francophonie est un polyglotte qui, en plus du roumain, parle français et anglais…
Discussion
0 commentairesAucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.