L'après CAN 2025: Le Maroc fait appel, la CAF s'est mise en difficulté toute seule...
Jaurès AYI
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4 février 2026 11:40
4 min de lecture
Considérant les sanctions de la Confédération Africaine de Football (CAF) "non proportionnelles à la gravité et à la dangerosité des faits" survenus au cours de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2025, la Fédération Royale Marocaine de Football a officiellement fait appel des décisions rendues, fin janvier 2026 par la Commission de discipline de l'instance Confédérale. Une situation, somme toute, abrancadabresque pour la CAF de Motsepe, visiblement à la croisée des chemins.
On a encore en souvenance, les faits de jeu qui ont émaillés la finale de la récente CAN, ayant opposé le Maroc, pays hôte, au Sénégal. Si, à l'arrivée, le Sénégal s'est adjugé le trophée, l'image de la compétition aura été tout de même profondément ternie par cette finale aux conséquences déplorables. Et pour sauver les meubles, la CAF, à travers sa Commission de discipline a cru bon d'infliger des sanctions à l'encontre des deux parties. C'est ainsi que la réclamation posée par la Fédération Marocaine exigeant la défaite des Lions de la Teranga sur tapis vert a été rejetée, confirmant ainsi définitivement le titre de Champion d'Afrique du Sénégal. Soit !
Cependant, malgré la validation du sacre de Sadio Mané et ses coéquipiers, cette décision de la CAF s'accompagne tout de même de sanctions contre la Fédération sénégalaise qui a écopé d'une amende de 615 000 $. Au plan individuel, le sélectionneur Pape Thiaw de son côté, a été suspendu pour 5 rencontres assorti d'une amende de 100 000 $ pour avoir incité ses joueurs à quitter la pelouse. Outre le sélectionneur, deux joueurs sénégalais, notamment Ismaïlla Sarr et Iliman Ndiaye sont sanctionnés pour 2 matchs.
S'agissant du Maroc, la Commission a sanctionné la Fédération royale de football pour des incidents liés à l'organisation, notamment le jeu de lasers et la gestion des ramasseurs de ballons. De même qu'elle devra s'acquitter de 315 000 $ d'amende. Par ailleurs, les joueurs Achraf Hakimi et Ismaël Saibari sont également sanctionnés et devront également rater des matchs en sélection.
Dr Patrice Motsepe, Président de de Confédération Africaine de Football
Le Maroc pas satisfait
Si la Commission de discipline de la CAF, pour en venir à ses décisions, dit s'être appuyée sur les rapports des arbitres, des commissaires de match et l'analyse des images vidéos, la partie marocaine y voit une certaine légèreté dans le travail des officiels de la CAN.
En effet, dans son document, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) indique que le retrait des joueurs et de l’encadrement de la sélection sénégalaise, ainsi que l’envahissement de la pelouse par leurs supporters, entraînant "des actes de désordre et de vandalisme" méritent des sanctions justes telles que prévues par la loi. En clair, la FRMF considère que les sanctions telles que décidées par la Commission de discipline de la CAF ne sont pas proportionnelles à la gravité et à la dangerosité des faits survenus. Ainsi, soucieuse de préserver l'ensemble de ses droits garantis par la loi, la faîtière marocaine de football, décide de faire appel de ces décisions.
La CAF en difficulté
A l'analyse, l'évolution de la situation révèle une sorte d'autoflagelation de la CAF de Patrice Motsepe qui, de fait, montre le visage d'une institution aux décisions de plus en plus discutables. En effet, si force doit être entièrement donnée à la loi, les dispositions qui régissent le fonctionnement de la Confédération devraient être respectées à la lettre. Or, il se trouve que la succession des faits révèle plutôt une application sélective de la loi qui, plutôt que de constituer une alternative de réparation, semble mettre l'institution en grande difficulté. À raison !
D'abord, cela s'avère incompréhensible que l'on disculpe totalement l'arbitre de la finale dont la prestation a plutôt conduit aux incidents sus-mentionnés. Cela sous-tend objectivement qu'il est bien reprochable dans sa prestation. Autrement, tout irait autrement. Pourtant, la Commission avance s'être également appuyée sur les rapports des mêmes arbitres pour prendre sa décision. Des officiels qui, au demeurant, n'ont pas pu constater objectivement le retrait du terrain des joueurs et du staff du Sénégal en plein match. Trop léger !
Ensuite, cela sonne curieux qu'à la fin de la compétition, Hakimi Achraf, pourtant exempté du premier tour de la compétition pour blessure, ait reçu le Prix du «Joueur Fair-play» de la CAN. Occultant le fait qu'il ait retiré la serviette de Edouard Mendy, le gardien du Sénégal? De même, la CAF consacre le Maroc «Équipe Fair-play», après tout ce spectacle très peu fair-play offert au monde entier par joueurs, staff et supporters, et même les Officiels, lorsque se rappelle que le Prince a presque refusé de toucher le trophée pour le remettre à l'équipe championne.
De ce qui précède, il revient à conclure que la CAF, à force de trop de sabordage, se tire une balle dans le pied en voulant, certainement plair à tout le monde. La loi reste la loi, dit-on. Certes le Maroc a offert une organisation parfaite, avec des infrastructures modernes qui tutoient le sommet du football mondial. Mais il était évident que ces efforts sont sapés par un arbitrage favorisant au profit du pays organisateur. Le même qui, comme pour entériner toutes les suspicions de l'opinion, vient lui-même faire appel de la décision de la CAF. Un véritable coup de massue à la compétition.
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