Selon le promoteur du site d’information Laabali, basé dans la région septentrionale du Togo, la baisse drastique des ventes de presse en papier et le déplacement massif des recettes publicitaires vers les géants du numérique, notamment les plateformes Internet et réseaux sociaux ont fragilisé l’équilibre financier des rédactions.
« La question de la viabilité économique et de l’indépendance des médias constitue l’un des défis majeurs pour le journalisme contemporain. Elle se trouve au carrefour de la survie financière des entreprises de presse et de la préservation de la liberté d’information, indispensable à la démocratie », a expliqué Edouard Samboe.
Plus loin, l’homme de média togolais a indiqué qu’un dilemme de la rentabilité se heurte à la concurrence de l’information en ligne.
« La recherche de modèles alternatifs tels que paywalls (mur payant), abonnements numériques, diversification des activités se heurte souvent à la faiblesse du pouvoir d’achat des publics ou à la concurrence de l’information gratuite en ligne », a-t-il évoqué.
Cependant, il a fait savoir qu’une dépendance excessive à l’égard de subventions publiques, de mécènes ou de grands groupes industriels propriétaires de médias peut compromettre l’étanchéité entre le capital et la ligne.
Se référant à l’Indice mondial de la liberté de la presse 2025, publié par Reporters sans frontières (RSF), M. Samboe a, par ailleurs, révélé que près de 90% des pays signalent des difficultés de survie financière pour leurs médias, voire des fermetures, tandis que la concentration des ressources et l’évolution des revenus publicitaires numériques étouffent les voix locales et indépendantes.
Comme alternative, il a appelé à réinventer les modèles économiques africains notamment par l’intégration des solutions de Mobile Money (micro-abonnements, contributions citoyennes) adaptées aux usages des publics.
De même, il a appelé à la création des régies publicitaires communes et partage des infrastructures techniques entre médias indépendants ; la diversification des activités et exiger des fonds d’aide au pluralisme transparents, gérés de manière neutre et indépendante.
Pour rappel, placé sous le thème : « Forum des médias en Afrique : développer la connectivité et l’innovation dans la gouvernance des médias », ce forum réunit des professionnels de la presse, des experts du numérique, des régulateurs de l’audiovisuel ainsi que des décideurs politiques venus de plusieurs pays du continent, en vue d’échanger sur les défis majeurs auxquels fait face la presse africaine à l’ère des nouvelles technologies.
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